La dernière lettre


  • de Vassili Grossman – Extrait de Vie et Destin
  • Lue par Martine Costes-Souyris

“ Je suis sûre, Vitia, que cette lettre te parviendra, bien que je sois derrière la ligne du front et derrière les barbelés du ghetto juif. Je ne recevrai pas ta réponse car je ne serai plus de ce monde. Je veux que tu saches ce qu’ont été mes Vassili Grossmanderniers jours, il me sera plus facile de quitter la vie à cette idée.”

En 1941, une femme, une mère écrit du fond d’un ghetto ukrainien les derniers mots d’amour qu’elle est capable de prononcer. Elle envoie une dernière lettre à son fils avant la fin du monde, avant l’apocalypse. Dans ces derniers moments ultimes, cette femme, médecin, va énoncer l’essentiel de l’existence. Elle parle de la vie, du temps, de l’espérance, de la mort.

Comme tous les grands romans, Vie et Destin est un monde aux aspects multiples : Le récit de guerre y côtoie une réflexion profonde sur la société russe, la vie des hommes et sa destruction par le totalitarisme. A travers le testament d’une mère juive attendant la mort dans son ghetto cerné par les Allemands, Grossman livre sa confession, en même temps qu’il dépeint le drame de millions d’Européens se voyant soudain rappeler, au travers de la persécution nazie puis soviétique, leur participation à une tragédie immémoriale.