échappées buissonnières


« Le chemin se fait en marchant » – Antonio Machado
« A quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l’inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le sera ? » – Henry David Thoreau


L’Echappée Belle propose des randonnées poétiques sur des chemins buissonniers, à travers des territoires aussi riches que variés, l’occasion de découverte et de re-lecture du paysage et du patrimoine rural.

 

« Il suffit de passer le pont, d’entrebâiller la porte qui grince et les minutes qui viennent nous sont offertes. »

« Il suffite de les saisir, de nous asseoir sur le petit banc du jardin ou de se poser derrière le comptoir. »

« Il suffit d’aller par les villages. »

 


 

Les Sept jours de Simon Labrosse

de Carole Fréchette


  • Mise en scène de Sylvie Fumex assistée de Patrick Denjean
  • avec Martine Costes-Souyris, Sylvie Fumex, Denis Lagrâce
  • création lumière de Julien Simon
  • A partir de 13 ans – Durée : 1h15

Ce spectacle bénéficie de l'aide à la diffusion de la Région Midi-Pyrénées

Voilà un formidable pied de nez à la crise, à l’heure où il est de bon ton de parler de la désespérance économique, où il est demandé au chômeur de longue durée de devenir source de propositions en endossant le statut d’auto-entrepreneur, et où l’on ne jure que pour le secteur de l’aide à la personne. Heureusement qu’il y a des inventeurs pourvus de l’arme absolue : l’imagination. Simon est de ceux-là, de ceux qui inventent sans cesse de nouveaux métiers : flatteur d’ego, finisseur de phrases, spectateur personnel, cascadeur émotif… Acteur et spectateur de la vie ordinaire, le chômeur Simon Labrosse se bat avec fébrilité et humanité pour s’en sortir. Il vous suffit de lui donner sa chance : prenez-le à l’essai !

 

La Place

d’Annie Ernaux – (Prix Renaudot 1984)

Lue par Martine Costes-Souyris


« Il n’est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son Opinel pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui. »


L'auteure, Annie Ernaux

Cette fille, Annie Ernaux, refuse l’oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite place au soleil. Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait : « Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre. »

La Place commence par deux scènes presque superposées: le récit des épreuves pratiques du Capes – qui va marquer définitivement l’entrée d’Annie Ernaux dans le monde de la bourgeoisie et de la culture – et la mort de son père au-dessus du café-alimentation à Yvetot. Annie Ernaux entame un portrait qui est à la fois un cri d’amour et le sentiment d’une trahison sociale et sentimentale. Mais elle le fait sans artifices ni métaphores, comme une déposition avec cette écriture qu’elle qualifie elle-même de “plate”. L’auteur redonne une «place» à ce père qui voulait qu’elle réussisse au-dessus de sa condition, elle nous invite également à la rejoindre avec nos propres blessures familiales, nos trahisons grandes ou petites.

La dernière lettre


  • de Vassili Grossman – Extrait de Vie et Destin
  • Lue par Martine Costes-Souyris

“ Je suis sûre, Vitia, que cette lettre te parviendra, bien que je sois derrière la ligne du front et derrière les barbelés du ghetto juif. Je ne recevrai pas ta réponse car je ne serai plus de ce monde. Je veux que tu saches ce qu’ont été mes Vassili Grossmanderniers jours, il me sera plus facile de quitter la vie à cette idée.”

En 1941, une femme, une mère écrit du fond d’un ghetto ukrainien les derniers mots d’amour qu’elle est capable de prononcer. Elle envoie une dernière lettre à son fils avant la fin du monde, avant l’apocalypse. Dans ces derniers moments ultimes, cette femme, médecin, va énoncer l’essentiel de l’existence. Elle parle de la vie, du temps, de l’espérance, de la mort.

Comme tous les grands romans, Vie et Destin est un monde aux aspects multiples : Le récit de guerre y côtoie une réflexion profonde sur la société russe, la vie des hommes et sa destruction par le totalitarisme. A travers le testament d’une mère juive attendant la mort dans son ghetto cerné par les Allemands, Grossman livre sa confession, en même temps qu’il dépeint le drame de millions d’Européens se voyant soudain rappeler, au travers de la persécution nazie puis soviétique, leur participation à une tragédie immémoriale.

D’un retournement l’autre

de Frédéric Lordon

Comédie sérieuse sur la crise financière en quatre actes et en alexandrins


  • Lecture : Delphine Alvado, Bilbo, Martine Costes-Souyris et Hélène Dedryvère
  • Mise en scène : Enrico Clarelli

l'auteur, directeur de recherche au CNRS

Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS et chercheur au centre de Sociologie Européenne, est signataire du manifeste des économistes atterrés. Pédago, caustique et plein d’humour, ses analyses sont des bouffées d’air frais, voire de vital oxygène.

Le rideau s’ouvre : messieurs les banquiers, son Altesse le Président de la République, monsieur le Premier Ministre, monsieur le  Gouverneur de la Banque centrale et le petit peuple des conseillers de la Cour. La pièce peut commencer : lessivés par la crise des désormais célèbres «subpraïmes» (sic), les banquiers s’apprêtent à sonner à la porte de l’État pour lui demander de mettre la main au porte-monnaie… avant que le résultat de leurs acrobaties ne fasse exploser les dettes publiques et ne conduise à la rigueur pour tous – pour tous sauf eux…

Solitude de la pitié

Nouvelles de Jean Giono


  • lecture : Martine Costes-Souyris
  • Contrebasse & percussions : Sylvain Colin
  • Mise en scène : Enrico Clarelli

Un vieil homme prêt à tout pour défendre les arbres qu’il a plantés ; une jeune fille qui tache sa robe de mariée en aidant son père à saigner un cochon…Un étranger mystérieux, un orage qui gronde, des paysans ivres, et c’est soudain un déchaînement de violence, une transe collective qui s’empare de tout le village pour s’achever en orgie dionysiaque…

Trois nouvelles au goût amer, trois textes marqués par le mal qui ronge le coeur des paysans : Jofroi de la Maussan, Philémon, Prélude de Pan.

« L’automne est là. Le soir descend plus vite et l’envie se fait plus vive de se rapprocher de la cheminée. Mais peu importe la saison pour partager la douceur d’un soir avec quelques voisins, autour du verre de l’amitié. Il m’a semblé que le poète Giono se laisserait bien conter, là, entre amis, avec cette langue qui chante, au bord d’un sourire, mais une langue qui sait aussi être douce amère, une langue qui pleure, qui grimace et puis un peu plus loin le rire qui revient, parfois comme avec un goût de regret…Oui, une langue qui chante. »

Martine Costes-Souyris

Petits meurtres en cuisine et autres horreurs…

Morceaux choisis dans l’oeuvre de Marie Rouanet et extraits du “Livre de cuisine” d’Alice Toklas


  • Lecture : Martine Costes-Souyris
  • Accordéon : Alain Jouhanneau
  • Contrebasse : Sylvain Colin
  • Scénographie : Enrico Clarelli

Marie Rouanet : de la littérature à manger ou de la nourriture à lire…

Offrande de la chair tiède : “ Le saigneur, que je me plais à nommer : Seigneur, opère par un matin transparent d’hiver. D’un geste sans bavure il détache le jambon de la carcasse. La chair rosée qui tremble de la tiédeur de la vie fume dans l’air froid, bordée du lard grumeleux encore de chaleur et couleur d’églantine…’’

Le “livre de cuisine d’Alice Toklas” n’est pas un livre de recettes. C’est, au sens propre, un livre de cuisine. Et la cuisine est une grille de lecture du monde, depuis la disposition du potager jusqu’au plat achevé en passant par l’ordonnance de la table et l’assortiment des convives. Un livre de cuisine, c’est un livre de culture, et c’est presque un livre de philosophie dans un pays comme la France où manger n’est pas seulement se nourrir. La cuisine est même, pour Alice Toklas et Gertrude Stein, la clé de la France. “La France, c’est les ciels et la cuisine”, écrit Gertrude Stein, s’émerveillant d’un style plus que d’un goût.

Les inavouables

Spectacle Bistrot

Texte et mise en scène de Catherine Zambon

avec Martine Costes-Souyris, Sylvie Fumex et denis Lagrâce


LES INAVOUABLES, c’est d’abord la rencontre avec un auteur et plus de 70 représentations à ce jour en milieu rural dans les bistrots de pays, à Toulouse, et dans les festivals : Chaînon Manquant, Aux Arts Citoyens ! à Villeneuve/Lot, Sur le Vif à Pessac avec nos amis de l’AMGC et Châlon dans la rue 2012.


Trois acteurs s’installent parmi nous, prennent parole, un peu en amitié, voire en confidence.

Celui-là raconte son fils renié devenu néo-nazi.

Celle-ci susurre son voluptueux amour du Monsieur Propre.

Un ado, penaud, clame comment il a failli tuer un homo.

Ces textes – monologues de personnages divers contenant un aveu – racontent l’indicible, le non-révélé, une oralité profondément humaine, souvent drolatique, parfois trébuchante, mais toujours portée par une langue qui décale l’effroi et restitue une humanité aisée à partager.

Que les propos soulèvent un non-dit familial, ou les avatars d’une vie sociale, qu’on parle de racisme ou d’homophobie, d’anorexie ou de phobie ménagère, cruauté et rire se côtoient sans complaisance.

Que l’on se reconnaisse ou non dans ces propos importe peu. On est toujours peu ou prou concerné, bousculé, découvert.

Et toi qu’est-ce que tu f(es) ?

Spectacle vidéo

  • Conçu par Martine Costes-Souyris et Enrico Clarelli
  • Musiques : Alain Jouhanneau

Et toi, qu’est ce que tu fais ? Ou qui es-tu ? D’où tu viens ?

Quelles sont tes attaches ? Qu’est-ce que ça représente de vivre ici sur le Causse ? En Bouriane ? Ou en bord de rivière ?

Nous avons eu envie de nous attarder un moment dans certains villages du Lot et de faire la causette avec quelques habitants. Aidés d’une petite caméra, nous avons parlé de travail, de la vie,  d’héritages et d’à « venir », nous avons échangé quelques recettes de cuisine, parlé d’art aussi. Ils sont agriculteur, berger, artiste peintre, cuisinière, cuisinier, retraité, taxi, boulanger…

Ce film est le cœur d’un spectacle où l’image et le son dialoguent avec les poètes d’aujourd’hui en Quercy ou ailleurs par les voix de Martine Costes-Souyris et d’Alain Jouhanneau et son accordéon.

Une soirée chez Jeanne

Il est proposé pour le tout public mais aussi dans les résidences de personnes âgées.