La voyageuse

Pièce inédite de Clémentine Saintoul Colombres

Mise en lecture avec la Cie des Voix du Caméléon

avec Lila Janvier, Emilie Cadiou, Martine Costes-Souyris et Christophe Merle



 

Lisa, à 12 ans déjà, rêve de voyager pour échapper à sa condition féminine et choisir sa propre vie. Elle veut découvrir la terre « où ses propres mots pourront sortir de sa propre bouche sans que personne ne l’oblige à mentir ou à se taire».

Dix ans plus tard elle abandonne tout pour traverser l’océan. Le Capitaine Billy la cache dans la soute de son bateau moyennant finances… pour mieux la vendre à Marlène, une riche propriétaire parisienne qui arrondit ses fins de mois grâce aux talents culinaires des immigrées qu’elle achète par lots.

Dans cette pièce aux allures de conte initiatique, les prises de paroles des personnages, vives et rythmées, prennent à parti l’agora du public pour mieux mettre à jour cet esclavagisme qui se déroule sur notre pas de porte et qui met bien à mal l’image d’une Terre promise affichée par nos sociétés.


 

Hommage à Jean LURCAT


Sur les pas de Jean Lurçat

ou Une échappée buissonnière avec Jean Lurçat depuis les jardins jusqu’aux appartements du Château de Saint-Laurent-les-Tours (en partenariat avec le Conseil Départemental du Lot)

  • Samedi 23 avril  à l’atelier-musée de Saint-Laurent-les-Tours
  • Mercredi 20 juillet à 15h à l’atelier-musée de Saint-Laurent-les-Tours
Les Chants du monde, cabaret poétique

(en partenariat avec l’ADDA et la BDP du Lot).

  • Vendredi 25 mars à Saint-Céré : dans le cadre du Printemps des Poètes
  • Samedi 6 août à Saint-Vincent-du-Pendit, à la Ferme des Cerisiers
  • Vendredi 14 octobre à 20h30 à Castelnau-Montratier

... peintre, céramiste et créateur de tapisserie

… peintre, céramiste et créateur de tapisserie

« Je vous convie donc, cher ami, à venir prendre part à nos récits, à nos repas, à nos repos, à nos intermèdes d’aubes et de crépuscules ardents. Ils seront là, Russi, Delbos et Cassagnade, Eloi du grand plateau, Simone des pêches et des chasselas, Jean, Gorges, Henri, Paul et Serge…assis autour des tables de longs bois, et nous nous désaltèrerons des grappes de la paix et du froment amer de nos témérités de jadis. »

Extrait de lettre de Jean Lurçat

Musée Jean Lurçat

rousse

Nouvelle extraite de “Enfantine” de Marie Rouanet

lue par Martine Costes-Souyris


Prochaines représentations, en partenariat avec l’ADDA et la BDP du Lot et en présence de l’auteure

  • Vendredi 30 septembre à Lalbenque à 18h
  • Samedi 1er octobre à Pradines à 10h30
  • Samedi 1er octobre à 18h à Salviac
  • Dossier de présentation

« Rousse » raconte l’histoire de Rose, entrée de force à 13 ans à la Solitude de Nazareth, maison de correction près de Montpellier, après avoir été accusée de prostitution et condamnée à y rester 6 ans. Elle en sortira libre en 1919, avec la volonté de retourner avec bonheur à son ancienne vie de débauche.

On est bien loin des fillettes presque écloses de Valéry Larbaud ou de l’allégresse ludique qui baignait « Nous les filles ».

Ici Marie Rouanet nous mène dans l’implacable univers de l’enfance, de l’autre côté de l’apparente innocence de l’enfance, avec cette écriture dont elle a le secret : précise, audacieuse et retenue, à la fois tranchante et charnelle. »

 


 

La Place

d’Annie Ernaux – (Prix Renaudot 1984)

Lue par Martine Costes-Souyris


« Il n’est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son Opinel pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui. »


L'auteure, Annie Ernaux

Cette fille, Annie Ernaux, refuse l’oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite place au soleil. Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait : « Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre. »

La Place commence par deux scènes presque superposées: le récit des épreuves pratiques du Capes – qui va marquer définitivement l’entrée d’Annie Ernaux dans le monde de la bourgeoisie et de la culture – et la mort de son père au-dessus du café-alimentation à Yvetot. Annie Ernaux entame un portrait qui est à la fois un cri d’amour et le sentiment d’une trahison sociale et sentimentale. Mais elle le fait sans artifices ni métaphores, comme une déposition avec cette écriture qu’elle qualifie elle-même de “plate”. L’auteur redonne une «place» à ce père qui voulait qu’elle réussisse au-dessus de sa condition, elle nous invite également à la rejoindre avec nos propres blessures familiales, nos trahisons grandes ou petites.

La dernière lettre


  • de Vassili Grossman – Extrait de Vie et Destin
  • Lue par Martine Costes-Souyris

“ Je suis sûre, Vitia, que cette lettre te parviendra, bien que je sois derrière la ligne du front et derrière les barbelés du ghetto juif. Je ne recevrai pas ta réponse car je ne serai plus de ce monde. Je veux que tu saches ce qu’ont été mes Vassili Grossmanderniers jours, il me sera plus facile de quitter la vie à cette idée.”

En 1941, une femme, une mère écrit du fond d’un ghetto ukrainien les derniers mots d’amour qu’elle est capable de prononcer. Elle envoie une dernière lettre à son fils avant la fin du monde, avant l’apocalypse. Dans ces derniers moments ultimes, cette femme, médecin, va énoncer l’essentiel de l’existence. Elle parle de la vie, du temps, de l’espérance, de la mort.

Comme tous les grands romans, Vie et Destin est un monde aux aspects multiples : Le récit de guerre y côtoie une réflexion profonde sur la société russe, la vie des hommes et sa destruction par le totalitarisme. A travers le testament d’une mère juive attendant la mort dans son ghetto cerné par les Allemands, Grossman livre sa confession, en même temps qu’il dépeint le drame de millions d’Européens se voyant soudain rappeler, au travers de la persécution nazie puis soviétique, leur participation à une tragédie immémoriale.

D’un retournement l’autre

de Frédéric Lordon

Comédie sérieuse sur la crise financière en quatre actes et en alexandrins


  • Lecture : Delphine Alvado, Bilbo, Martine Costes-Souyris et Hélène Dedryvère
  • Mise en scène : Enrico Clarelli

l'auteur, directeur de recherche au CNRS

Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS et chercheur au centre de Sociologie Européenne, est signataire du manifeste des économistes atterrés. Pédago, caustique et plein d’humour, ses analyses sont des bouffées d’air frais, voire de vital oxygène.

Le rideau s’ouvre : messieurs les banquiers, son Altesse le Président de la République, monsieur le Premier Ministre, monsieur le  Gouverneur de la Banque centrale et le petit peuple des conseillers de la Cour. La pièce peut commencer : lessivés par la crise des désormais célèbres «subpraïmes» (sic), les banquiers s’apprêtent à sonner à la porte de l’État pour lui demander de mettre la main au porte-monnaie… avant que le résultat de leurs acrobaties ne fasse exploser les dettes publiques et ne conduise à la rigueur pour tous – pour tous sauf eux…

Solitude de la pitié

Nouvelles de Jean Giono


  • lecture : Martine Costes-Souyris
  • Contrebasse & percussions : Sylvain Colin
  • Mise en scène : Enrico Clarelli

Un vieil homme prêt à tout pour défendre les arbres qu’il a plantés ; une jeune fille qui tache sa robe de mariée en aidant son père à saigner un cochon…Un étranger mystérieux, un orage qui gronde, des paysans ivres, et c’est soudain un déchaînement de violence, une transe collective qui s’empare de tout le village pour s’achever en orgie dionysiaque…

Trois nouvelles au goût amer, trois textes marqués par le mal qui ronge le coeur des paysans : Jofroi de la Maussan, Philémon, Prélude de Pan.

« L’automne est là. Le soir descend plus vite et l’envie se fait plus vive de se rapprocher de la cheminée. Mais peu importe la saison pour partager la douceur d’un soir avec quelques voisins, autour du verre de l’amitié. Il m’a semblé que le poète Giono se laisserait bien conter, là, entre amis, avec cette langue qui chante, au bord d’un sourire, mais une langue qui sait aussi être douce amère, une langue qui pleure, qui grimace et puis un peu plus loin le rire qui revient, parfois comme avec un goût de regret…Oui, une langue qui chante. »

Martine Costes-Souyris

Petits meurtres en cuisine et autres horreurs…

Morceaux choisis dans l’oeuvre de Marie Rouanet et extraits du “Livre de cuisine” d’Alice Toklas


  • Lecture : Martine Costes-Souyris
  • Accordéon : Alain Jouhanneau
  • Contrebasse : Sylvain Colin
  • Scénographie : Enrico Clarelli

Marie Rouanet : de la littérature à manger ou de la nourriture à lire…

Offrande de la chair tiède : “ Le saigneur, que je me plais à nommer : Seigneur, opère par un matin transparent d’hiver. D’un geste sans bavure il détache le jambon de la carcasse. La chair rosée qui tremble de la tiédeur de la vie fume dans l’air froid, bordée du lard grumeleux encore de chaleur et couleur d’églantine…’’

Le “livre de cuisine d’Alice Toklas” n’est pas un livre de recettes. C’est, au sens propre, un livre de cuisine. Et la cuisine est une grille de lecture du monde, depuis la disposition du potager jusqu’au plat achevé en passant par l’ordonnance de la table et l’assortiment des convives. Un livre de cuisine, c’est un livre de culture, et c’est presque un livre de philosophie dans un pays comme la France où manger n’est pas seulement se nourrir. La cuisine est même, pour Alice Toklas et Gertrude Stein, la clé de la France. “La France, c’est les ciels et la cuisine”, écrit Gertrude Stein, s’émerveillant d’un style plus que d’un goût.